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Pour le préfet du Loiret, la lutte contre les violences faites aux femmes n'est pas une « grande cause nationale 2010 »

23 février 2010 |

En août 2005 Najlae est venue en France avec sa mère. Celle-ci voulait l’aider à échapper au mariage que son mari avait décidé pour leur fille. Najlae s’est installée chez un de ses frères résidant dans le Loiret. Malheureusement pour elle, ce frère s’est senti investi de l’autorité paternelle et a voulu soumettre Najlae à une éducation très stricte, cherchant par tous moyens à s’opposer à son émancipation. Il la battait régulièrement.

Après 3 années de collège à Château-Renard, Najlae, encore mineure, n’a pas pu s’inscrire au lycée Saint-Louis de Montargis pour suivre une formation en restauration : son frère a tout fait pour bloquer son inscription et Najlae a passé une année sans pouvoir aller dans un établissement scolaire. Pour ne pas rester inactive elle est devenue  bénévole à la médiathèque de Château-Renard, la ville où elle habite.

A sa majorité elle a pu faire elle-même ses démarches pour poursuivre son projet. A la rentrée 2009 elle est interne au lycée Françoise Dolto à Olivet (Loiret), où elle suit régulièrement les cours de CAP Restauration.

Le week-end et pendant les vacances scolaires, elle habite chez son frère à Château-Renard. Les violences de celui-ci atteignent, le mardi 16 février, un degré qu’elle ne peut plus supporter. Elle se réfugie chez son amie d’internat et se rend 2 jours plus tard au commissariat de Montargis. Un médecin a établi un certificat d’Incapacité Totale de Travail de 8 jours.

Comme toutes les femmes victimes de violence, et sans doute aussi parce qu’elle sait qu’elle est en situation irrégulière, Najlae dépose seulement une main courante. Elle se ravise et, le lendemain, se rend à la gendarmerie de Château-Renard, cette fois bien décidée à porter plainte contre son frère.

Sans doute lui avait-on dit que sa situation relève d’une cause pour laquelle le gouvernement français s’est engagé ? Sans doute pensait-elle que les autorités, qui ont pour mission de participer à la lutte contre les violences faites aux femmes, pourraient la protéger ?

Mais Najlae est tombée dans un piège : les gendarmes la placent en garde à vue et le préfet du Loiret décide de l’expulser dès le matin suivant.

Victime, elle devient coupable et subit plusieurs incarcérations à Montargis et Casablanca. Son frère n’a pas été sanctionné pour les traitements inhumains qu’il lui a fait subir. Les gendarmes n’ont pas été sanctionnés pour avoir détourné leur mission. Le préfet du Loiret n’a pas été sanctionné pour avoir passé outre les droits de Najlae.


 

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