La Cimade et les permanences d'accueil des femmes étrangères victimes de violences
08 février 2010 |
La Cimade accompagne les personnes étrangères dans leurs démarches administratives et défend leur accès aux droits. Pour ce faire, elle privilégie les moyens juridiques et travaille en partenariat avec d’autres associations pour permettre un accompagnement global (notamment par un suivi social, psychologique, médical,...).
La permanence d'accueil pour les femmes migrantes et demandeuses d'asile victimes de violences a été créée en 2004, dans un contexte où La Cimade, en Ile de France, recevait environ 15.000 étrangers par an dans 9 permanences. Par le biais de ces permanences, la Cimade a pris conscience des problèmes spécifiques rencontrés par les femmes étrangères victimes de violences.
En effet, celles-ci s’avèrent victimes d’une double discrimination, en tant que femmes et en tant qu’étrangères. Les femmes étrangères victimes de violences (violences conjugales, traite, proxénétisme ou esclavage moderne...) sont confrontées à une situation où la violence qu’elles subissent a une incidence sur la régularité de leur séjour en France.
La Cimade Ile de France donc recrutée et formée des équipes spécifiques pour accueillir et orienter les personnes reçues. La permanence vise un double objectif : d’une part, favoriser l’accès aux droits des femmes, en analysant leur situation et en les accompagnant dans leurs démarches administratives et d’autre part, lutter contre les violences qui leur sont faites, en travaillant avec des partenaires associatifs mais aussi en recueillant leur témoignage pour des actions de sensibilisation.
Cette permanence reçoit principalement :
- des demandeuses d’asile subissant des persécutions liées à leur genre. Il s’agit de femmes victimes ou menacées de mutilations sexuelles, de "crime d’honneur", de viol comme arme de guerre, de persécutions dues à leur orientation sexuelle ou au fait qu’elles refusent de se soumettre aux normes de la société ou à l’autorité familiale ;
- des conjointes de français ou de personnes résidant régulièrement sur le territoire français, victimes de violences conjugales. Ces femmes se trouvent dans une situation de dépendance vis-à-vis de leur conjoint dans la mesure où l’octroi du titre de séjour est souvent conditionné par la communauté de vie ;
- des mères d'enfants français, notamment dans le cas où le père français refuse de fournir à la mère les documents établissant la nationalité de l'enfant, la privant par là même de tout recours pour régulariser son séjour ;
- des épouses de polygames ayant besoin d’être accompagnées dans leurs démarches d’autonomisation ;
- des victimes de proxénètes ou de réseaux de traite ;
- des victimes d'esclavage moderne ;
- des femmes qui résident en France et se voient appliquer les règles de codes de la famille ou codes de statut personnel discriminatoires (tels que la répudiation par exemple) ;
Dans le cadre de ces permanences, les équipes s’attachent à informer ces femmes de leurs droits et les accompagnent dans leurs démarches pour y accéder.
