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Ressac

27 août 2012 |

Télécharger le dossier de presse de l'exposition Ressac

A l'occasion du festival, La Cimade a lancé un appel à projet pour une exposition sur la traversée. Ressac a été sélectionné parmi les projets reçus à cette occasion.

Montrer que d’une traversée physique et existentielle – comme celles que vivent les migrants et les boat-people – on ne sèche pas. L’âme reste à jamais trempée.

RESSAC se compose de 7 ou 12 photographies mettant en scène une personne trempée, dégoutante (d’eau) dans un lieu d’accueil de type social ou citoyen (administration, transport en commun, restaurant, terrasse de café, etc.).La personne est intégrée au lieu public dans son état.

 



Mouillée elle se révèle singulière, différenciée par cet état qui symbolise le stigmate d’une traversée maritime. On ne se dépare pas de la mer. Mouillée la personne devient inquiétante et se réfère à l’impossible identification au semblable. Allant dormir, tout à fait analogue à son psychique la personne ne procède pas au déshabillage, au séchage. Malgré l’universalité du costume que la personne porte, la traversée est toujours perceptible. La personne s’est mouillée pour se libérer du reste.

Un autre symbole sous-jacent est que la personne photographiée a accepté de «se mouiller» pour se détacher des dimensions conventionnelles et accéder à une représentation symbolique des boats-people. Ce travail renvoie à une expérience unique et éphémère, insolite. L’expérience de la différence dans le lieu normé.



photo: Loutre-Barbier

Des textes évoquent des moments de vie, des personnes, des situations, et posent encore la question de la disparition, de la trace, et, in fine, de la place toujours à trouver pour ceux qui s’ils n’ont pas laissé leur vie dans un pays inhospitalier ou échoué en mer doivent lutter encore pour ne pas échouer en marge de la société qui voudra bien les accueillir.

Loutre-Barbier, s’improvise peu à peu, au fil de ses rencontres et explorations,  anthropologue de l’exclusion. Ecrivain, photographe et raconteuse, elle mêle la poésies à ses investigations dans l’inconnu social. Parmi les lieux qu’elle explore, la chambre mortuaire d’un hôpital parisien où elle s’est rendue deux à trois jours par semaine pendant 2 ans, visites dont elle a fait un livre, la dernière chambre. Parmi les rencontres qu’elle fait, une famille Rrom de Roumanie à Lyon, avec laquelle elle a tissé depuis 6 ans des liens intimes, quotidiens, poétiques, dont est issue l’exposition  Zurali ! présentée en 2012 à la Maison des Métallos à Paris. Pour Migrant’scène 2012, Loutre Barbier a été sélectionnée pour réaliser une exposition sur la traversée et les morts en mer qui sera présentée dans plusieurs villes. D’autre part, elle réalise l’un des trois projets qui seront présentés lors du festival lyonnais.

 

 

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