Migrations et développement
26 juin 2008 |
L’aide au développement est clairement utilisée comme levier des négociations pour contraindre les pays tiers à prendre des mesures immédiates pour restreindre l'émigration, alors que le développement n'a un impact sur la baisse des migrations qu'à très long terme.
Le développement est un droit reconnu par les Nations-Unies et ne saurait faire l'objet de conditionnalité quelle qu'elle soit. Conditionner l'aide publique au développement au « contrôle des flux migratoires » constitue un chantage d'autant plus inacceptable que certaines politiques économiques et commerciales européennes sont loin d'être neutres sur les phénomènes migratoires.
Dans la partie du pacte européen sur « les partenariats avec les pays d'origine et de transit au service du développement », des mesures répressives contre les migrants sont explicitement inclues au titre de la coopération.Or, toute politique qui précarise et insécurise les migrants dans les pays d'accueil, d'origine et de transit ne peut avoir qu'un impact négatif sur le développement : impossibilité de trouver des solutions stables en termes d'emploi en Europe pour absorber le nombre trop important de travailleurs peu qualifiés dans les pays d'origine, baisse des transferts d'épargne et montée du racisme et de la xénophobie dans les pays de transit.
